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25/26 – Cri d’alarme #9

CRI D’AL«ART»ME # 9

Depuis la nuit des temps, tout change, tout se transforme, et pendant que certains comptes se serrent, que les lignes budgétaires s’amenuisent il y a une tentation sourde : laisser s’écrouler ce qui pourtant nous tient debout.

Ne vous laissez pas abuser.

Les politiques d’austérité voudraient nous convaincre que le nécessaire est superflu, que le beau est accessoire, que la culture est un luxe. Mais souvenez-vous : l’évidence passe son temps à changer. Ce qui semble aujourd’hui secondaire est souvent, demain, ce qui nous sauve.

Alors non.

Ne mettez pas trop bas ce qui vous élève.

Un centre culturel n’est pas une variable d’ajustement. C’est une maison ouverte, un refuge, un point de départ. Un endroit où l’on vient comme on est, avec ses fragilités, ses colères, ses rêves encore informes. Un endroit où quelque chose peut commencer.

Ici, on accueille. Toujours.

Même quand tout vacille, même quand les moyens se réduisent, même quand le doute s’installe. Parce que ce qui compte ne se mesure pas seulement. Cela se vit, cela se partage, cela se transmet.

Ne renoncez pas.

Ni à vos rêves, ni à vos pensées, ni à cette part de vous qui refuse de céder au renoncement tranquille. Les rêves appellent les rêves. Et si vous les abandonnez, c’est tout un monde qui se rapetisse.

Refusons que la peur décide à notre place.

Renoncez à la haine. Elle épuise. Elle enferme. Elle détruit davantage celui qui la porte que celui qu’elle vise. Préférez le lien. Multipliez ce qui nous unit.

Car tout est fragile. Tout ce que nous aimons peut disparaître. Et nous avec.

Et c’est précisément pour cela qu’il faut défendre là où tout se fabrique : dans les gestes, dans les rencontres, dans les lieux qui permettent encore de rêver ensemble.

Alors allez-y. Osez. N’attendez pas que tout soit parfait. Ça ne le sera jamais, encore moins par les temps qui courent. Mais au moins, vous l’aurez fait.

Et ici, au cœur du Centre Culturel, nous continuerons à ouvrir les portes, à tendre la main, à ouvrir les esprits, à faire exister le beau, malgré tout.

Parce que même quand tout semble s’écrouler, quelque chose demeure.

Et ce quelque chose, c’est nous mais pas sans vous.

Florence Cartelet-Avon

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